Vous avez dit Régularité ou reconnaissance ?

Publié le par Le Myosotis sauvage

 

 

Beaucoup de questions se posent, en ces temps troublés, sur le contenu de la notion de Régularité maçonnique.

Au XVIIIe siècle, elle signifiait acceptation de la Règle issue de la tradition. Le Livre d’Architecture de l’une des premières Loges parisiennes, la Loge Coustos-Villeroy du Faubourg Saint Germain, apporte cet éclairage en date du 12 mars 1737 : « …les frères d’un commun accord ont dit qu’il n’était permis à personne de faire des lois dans la maçonnerie puisque la charge de grand maître, de maître et de surveillants ne consiste qu’a faire observer celles qui nous ont été transmises par la tradition. »

A ce fonds commun s’attache la notion de ‘‘reconnaissance’’, permettant à celui qui a été reçu dans un Orient, d’être également accepté ou non dans telle autre assemblée maçonnique, lors de l’un de ses déplacements. En cela la tradition opérative du Mot du maçon, passeport du métier, conservait toute son actualité.

 

Toutefois l’existence de voies multiples a toujours aussi été inhérente à la vie maçonnique. En France, comme en Angleterre et comme partout à travers le monde. Citons parmi d’autres, en Angleterre les Anciens et les Modernes, en France des débuts, les Loges anglaises hanovriennes et les Loges écossaises stuardistes. Avant que les Loges mères ne donnent chacune son sceau, son système et son échelle de grades. Ainsi du Rite des Philadelphes, de l’Ordre Sublime des Chevaliers Elus, des Elus Parfaits, des Elus de Londres, des Scotts Masters, de l’Ordre d’Hérédom de Kilwinning… puis des synthèses, destinées à mettre fin à une « diversité révoltante », selon les termes du G.O.F., le Rite Ecossais Rectifié, le Rite de Perfection, lui même ancêtre du R.E.A.A., le système du G.O.F., plus tard dénommé Rite Français, le Rite Ecossais Philosophique, le Rite des Architectes Africains, le Rite de Memphis, le Rite de Misraïm…

Chacune de ces filières se déclarait bénéficier d’une Charte datée « de temps immémoriaux », à l’image des Constitutions d’Anderson qui font remonter la Maçonnerie à Adam et Eve !

 

Aujourd’hui chaque obédience revendique l’authenticité de sa tradition et rejette les « Loges sauvages », voire les autres obédiences, comme irrégulières. La future GLNF, à ses débuts de 1913 Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies françaises, fut créée d’un coût de baguette, à partir de deux Loges seulement, dont l’une venait de quitter le G.O.F., par ailleurs montré du doigt comme symbole de l’irrégularité. Cette reconnaissance londonienne était-elle dans la logique d’une voie initiatique ou dans celle d’un choix politique ? L’estampille permet-elle tous les abus et toutes les violations ?

Que chacun se pose en conscience la question et oublie le confort des fausses certitudes, à l’heure où le Grand Maître de Pisan étale toute sa turpitude et menace la respectabilité de l’institution. Une hirondelle ne fait pas le printemps ; un passe-port ne fait pas le Maçon.

 

A quoi alors se raccrocher ?

Notre tradition a laissé des repères que nous appelons Land-Marks. Ils constituent notre Pierre de fondation, celle qui est aujourd’hui rejetée de Pisan, devenue Tour de Babel.

Nous disposons aussi de modèles d’architecture, à travers chaque rite. Chacun doit être respecté dans son profile propre, pour apporter sa dimension spirituelle dans la Maison du Père. Cette multiplicité constitue une richesse et un gage de liberté. La volonté réductrice de Pisan est là aussi un signe de dégénérescence ; la marque de celui qui veut soumettre non transmettre.

 

Mes Frères qui avaient été reçus Maçon dans une Loge où s’entrecroisaient la Règle et l’Esprit, comme l’Equerre et le Compas, et comme les mains des Maçons unis en Fraternité. Vous qui avaient progressé dans votre cheminement initiatique, de grade en grade, de degré en degré, non pour l’attrait des honneurs mais pour votre seul perfectionnement moral, vos Frères vous reconnaissent pour Maçon. Vous êtes donc porteur du flambeau de la Tradition et à ce titre, vous avez le devoir d’en préserver la flamme. Seul vous ne pouvez rien mais tous ensemble nous devons accepter de reconstruire le Temple détruit par le mercantilisme et la vanité humaine.

Soyez persuadés que l’initiation authentique que vous avez reçue est indélébile, si votre cœur était prêt à la recevoir. Unis aux autres bâtisseurs respectueux de la même tradition, vous disposez de la Régularité et vous avez le devoir pressant de la transmettre pleinement à ceux qui la recherchent, en formant Loge ensemble à la Gloire du G.A.D.L’U.

Là est le tracé de lumière, source de la Régularité initiatique qui seule doit vous importer, et seule comptera un jour devant l’Histoire.

 

La Fayette

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article