Une rentrée sous le signe du Glaive

Publié le par Le Myosotis libre

 

 

 

Nous avons fait le choix de quitter  une obédience aux dérives sectaires, qui n’était plus porteuse d’une quelconque régularité initiatique. D’autres ont préféré dénoncer de l’intérieur cette perte des valeurs maçonniques traditionnelles. Voici le sort que le Guide Spirituel et ses assesseurs leur réserve ! Une vingtaine de Frères sont convoqués devant le Conseil de Discipline National le 6 Septembre, histoire de reprendre les charrettes si chères à ceux qui n’ont que l’intimidation comme recours et l’agressivité comme discours.

 

 

 

 

Bernard DUMIGRON                                                                  GLPACM

Cidex 206                                                                                                                                                                   Monsieur Daniel J._____

 06330 ROQUEFORT-LES-PINS                                                32, Avenue d’Estienne d’Orves

                                                                                      06000 NICE

Roquefort-les-Pins le 21 août 2010

Objet : Votre lettre du 20 courant Ordonnance 2010/11

Monsieur,

En main votre honorée par laquelle vous me faites part de ma suspension de toutes les Loges de la Province sans me donner la moindre explication quant aux motifs de cette décision.

Vous comprendrez bien que la nature même de votre missive ne me permette pas de vous qualifier de Frère ; tant il est évident que nous n’attachons pas les mêmes connotations à ce signifiant.

Je suis membre de notre association depuis 1982, et toujours ponctuellement à jour de cotisations dont la croissance, exponentielle au fil des ans, n’a échappé à aucun de ceux qui s’en acquittent depuis une durée significative.

Vous pensez que les pouvoirs qui vous ont été confiés vous autorisent à envisager mon exclusion pour des motifs qui vous sont propres (à moins qu’ils ne vous aient été imposés par votre propre « hiérarchie »). Si vous deviez persister dans une si fraternelle intention, c’est à la justice des hommes qu’il appartiendra d’en juger en dernier ressort.

Jeune Maître Maçon en 1985, c’est avec enthousiasme que je me suis associé à un groupe de Frères qui, sous l’impulsion de leur bien aimé Frère Dim____ ont fondé la Respectable Loge 428 : « Les Compagnons Ecossais ».

Nous ne disposions à cette époque d’aucune aide matérielle de l’obédience ; nous étions guidés par notre seule foi et l’espérance de pouvoir transmettre tout en taillant nos propres pierres.

C’est ainsi que nous avons su trouver et louer à Menton, une succession de caves sordides que nous avions la volonté de transformer en Temple à la Gloire du GADLU.

Nous avons pour ce faire consacré de nombreux weekends à travailler de nos mains, chiner des matériaux et outils, pour avoir enfin la joie en 1986 d’accueillir notre regretté Jean M___, venu consacrer le fruit de notre sueur.

Nous y avons coulé, toutes positions sociales confondues, des années de bonheur à plancher, initier, transmettre, faire la cuisine, le ménage et la vaisselle...

Le vent de modernité, insufflé par la mouvance qui vous a confié le poste dans lequel vous croyez bon de persévérer malgré l’actuelle tourmente, nous a hélas rattrapés et chassés après quelques années.

 

 

C’est ainsi que du jour au lendemain, les membres de notre atelier ont du accepter de voir leur « budget maçonnique annuel » multiplié par cinq.

Nous avions pourtant obtempéré aux ordres de souscriptions minimales des actions de la SA La Truelle. Nous étions pourtant heureux dans ce que votre prédécesseur de l’époque qualifiait dédaigneusement de « trou à rats ».

Las ! En bons francs-moutons dociles, nous avons tout accepté pour nous plier aux exigences des promoteurs d’une loi du nombre censée ne pas porter atteinte à la qualité.

La politique menée par notre obédience nous a fait perdre de nombreux Frères sincères érudits et assidus. Ils n’y reconnaissaient plus les valeurs qui sont censées être les nôtres.

Bien sur, d’autres furent rebutés par la lenteur et les exigences du chemin dont nous n’avons jamais dévié. Ils ont su trouver accueil dans des loges plus propices à leurs motivations profondes.


 

A ce jour, je crois pouvoir, sans aucune forfanterie, déclarer que tous les initiés de notre atelier sont des initiés heureux. Nous ne cessons de nous entendre dire (comme vous l’aviez vous-même déclaré lors de votre unique visite), que nous travaillons avec application et rigueur dans le strict respect de la Tradition et des Landmarks.

Si j’en crois certains de vos proches, le seul reproche que vous puissiez me faire serait d’avoir respectueusement osé poser des questions sur l’usage des lourdes cotisations imposées à nos Frères par l’autorité que vous entendez représenter.

Dès lors, vous comprendrez bien qu’en raison de mon passé maçonnique, je me sente concerné par le bon usage des cotisations et dons de tous mes Frères. En conséquence, je ne peux pas considérer ma suspension comme juste et fondée.

Je n’ai jamais eu la moindre conversation avec vous, mais souhaite rester convaincu que vous aurez à cœur de me confirmer, par retour, que votre lettre, objet de la présente, est nulle et non avenue, ainsi bien sur que celle frappant notre Vénérable Maître élu.

J’aurai alors la joie de vous dire : « Merci mon Frère » !

Entre temps, veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments circonstanciés.

                                                                                                                                             Bernard DUMIGRON

P.S. : Je faisais partie des signataires d’une lettre RAR qui vous avait été adressée au mois de juillet dernier. Lettre que vous n’aviez pas souhaité réceptionner. Respectueux de nos rituels qui recommandent de ne pas faire à autrui etc. ; j’ai immédiatement accepté la vôtre.

 

Commenter cet article

Sirius 01/09/2010 02:23



Relative bonne nouvelle : le Conseil de discipline est remis sine die à la demande de TARDIVAT. L'ennui c'est que cela fait 9 mois que les FF sont suspendus et que cela continue ... sine die !