Sur les chemins de l’Art Royal

Publié le par Le Myosotis libre

 

Faut-il oublier le passé pour se donner un avenir ? Cette interrogation, proposée en réflexion aux candidats du Bac philosophie de juin 2010, mérite de retenir également l’attention de la Maçonnerie française, dans sa recherche de positionnement au sein de la société contemporaine.

 

Le rayonnement politique et social perdu du G.O.F., l’image de recherche spirituelle sacrifiée par la GLNF aux démangeaisons médiatiques, politiques et sectaires de son soit-disant Guide spirituel, l’Honneur de la Chevalerie désintégré par le G.P.D.G., dans sa course effrénée à l’intégrisme… autant d’exemples d’échec dans la construction d’un avenir prometteur !

 

Pourquoi ? A notre sens, justement par oublie volontaire des fondamentaux que recèle le passé ; par déviance vis à vis des Landmarks, remparts de la tradition, pour autant que l’on dispose de la clé qui en dégage l’esprit, et non de l’esprit qui vous persuade que vous en êtes la clé, puisque son nom est ‘‘humilité’’.

 

Mais l’homme pressé d’accéder au pouvoir brûle les étapes, comme un Stifani propulsé du D.H. à une chaire de Vénérable au sein de la GLNF. Que peut-il comprendre à l’œuvre de nos ancêtres ? Que peut-il nous transmettre ?

Rien. De par la faute de ses amis qui n’ont pas entendu ce précepte d’Hermann Hesse : « Toute promotion accordée à un disciple capable de briller et non de servir, est au fond une manière de trahir l’esprit. » De par sa faute personnelle, de ne pas prendre la mesure de sa charge mais d’ouvrir la porte à l’inculture, pour y noyer sa médiocrité.

 

L’intolérance ne provient jamais de la connaissance ; tout au contraire elle la hait, la condamne et la brûle. L’ère des autodafés n’est pas révolue. Ils sont au contraire récurrents chez ceux qui veulent soumettre les autres à leurs lois, et dicter leurs volontés.

Big Brother est là pour éclairer les consciences, réécrire les rituels et règlements. Penser différemment par soi-même et l’exprimer devant les autres constitue un manque de soumission « à l’Ordre » condamnable, un sacrilège de petits minables prétentieux !

 

Où se situe donc précisément le hiatus entre les usages obédientiels actuels et les enseignements de la tradition maçonnique française, précieuse aux Maçons libres ?

 

  • Dans le développement des Loges du XVIIIe siècle, la tradition européenne était la simplicité qui caractérisait leur éclosion naturelle. Les lourdeurs qu’ont fait peser par la suite les obédiences n’apportent rien et expliquent l’abondance actuelle de Loges indépendantes.
  • Dans la pratique des rites, s’est perdu la spontanéité issue de la tradition orale, aujourd’hui atrophiée par le sacro-saint rituel imprimé, ânonné sans âme et aussi vite oublié.
  • Dans l’organisation des tenues, la souplesse permettait à chacun de faire selon ses moyens et ses choix. Réunion en arrière-salle d’un traiteur, dans le local prêté par l’un des membres, dans un hôtel particulier ou dans un temple richement décoré. Pas de course systématique aux acquisitions immobilières ; pas d’intrusion de dictats de l’obédience. Un matériel simple et des choix réfléchis en commun par les fondateurs : nom de la Loge, forme de l’invocation à l’ouverture des travaux, contenu du Livre déposé sur l’autel des serments, appelé Livre de la Sagesse…
  • Dans les rapports Loge-obédience, la légèreté évitait de plomber les tenues et le travail des FF. Secrétaire et Trésorier par les lourdeurs administratives et financières qui prennent aujourd’hui l’espace autrefois dédié à la culture d’une spiritualité et d’une fraternité maçonniques.
  • Dans le recrutement des candidats, l’ouverture des enquêtes concernaient tous ceux qui étaient susceptibles d’apporter des informations destinées à en brosser un portrait fidèle, en l’absence de tout objectif statistique, là où le seul guide doit être la disposition du candidat à frapper à la porte d’une Loge, et celle des membres d’ouvrire cette porte dans un élan unanime.
  • Dans les rapports hiérarchiques, la volonté était de faire régner l’égalité par le haut. Le port de l’épée, signe de noblesse, était le lot de tout Frère reçu Apprenti Franc-Maçon. Le titre de Chevalier Maçon, Maître des travaux, était destiné « au premier d’entre ses égaux ».

 

Ces quelques exemples illustrent combien le présent s’est engagé sur une voie substituée qu’il convient très vite d’éradiquer.

Pour se construire un avenir, la Maçonnerie moderne doit puiser, à l’aide de ses puissantes racines, dans sa mémoire et sa culture originelle. Elle doit surtout savoir se séparer de tous ses fossoyeurs qui ont failli l’emporter dans leurs délires mégalomanes, elle qui ne supporte que la discrétion des quêtes personnelles, que la délicatesse des choses précieuses, que la mesure de l’homme dans la délicate recherche de sa destinée.

 

Le problème n’est donc plus de tergiverser entre quitter ou ne pas quitter telle obédience maçonnique qui n’entre plus en résonance avec la tradition initiatique à laquelle elle prétend se rattacher ; il est désormais temps de rassembler le formidable élan fraternel qui se dessine de toutes parts mais de manière éparse, de rassembler sans contraindre ni sans réduire.

La seule question de cette période de transition ‘‘se résume’’ à définir concrètement et prudemment à l’aide de notre passé, quels fondements et quelle forme adaptée donner à une re-fondation, indispensable si l’on veut se donner un avenir commun.

 

Comme l’exprime à sa façon chaque commentaire, le temps de l’imprécation est largement passé, il ne sert à rien de tourner en rond, le Myosotis libre sera composé de tous ceux, d’où qu’ils viennent, qui choisiront de présider à l’œuvre incontournable de reconstruction. Dans un bouquet, comme autour d’une table ronde, tout le monde préside qui se joint aux autres.

Manqueront ceux qui abandonnent par désespérance, se joindront à nous ou nous à eux, selon les dessins de la Providence, ceux qui ont choisi de revêtir l’armure du Chevalier blanc et de se battre de l’intérieur, contre les forces du mal. Parmi ceux-là, certains sont sincères et nous les reconnaissons déjà, d’autres ne cherchent qu’une reconnaissance qui n’a pas été, jusqu’alors à la mesure de leur appréciation personnelle, et nous les encourageons à persévérer auprès d’instances qui ne sauraient trop apprécier leur prochain ralliement.

 

Dans le respect des différences de sensibilité, mais sans aucune complaisance vis à vis de ceux qui cultivent le trouble et la compromission, notre choix est désormais clair : il n’est plus question d’attendre les nouvelles du front, il est de toute nécessité de donner la mesure de son ampleur à la ferme volonté de la Maçonnerie Française de Tradition de s’épanouire au sein d’une France maçonnique libérée, où l’Esprit domine les débats.

Reste à n’oublier personne de ceux qui procèdent de cet Esprit ; et ils sont plus nombreux que l’on ne pense, issus de toute obédience, de toute scission et de toute recomposition.

Reste aussi à éviter de voir s’engouffrer tous ceux qui cherchent à suivre le courant et profiter des espaces. Et ces mauvaises herbes et autres chiendents sont plus nombreux aussi que l’on ne pense !

Seuls ceux qui ont cherché à défier la facilité, pour remonter le courant, à défier la contrainte temporelle, pour affirmer leur force spirituelle, constituent le bouquet dont le parfum honore notre tradition. S’ils acceptent de s’unir autour de leurs Frères.

 

Le temps est venu de nous remémorer l’image du philosophe qui ne s’échappe pas en solitaire de la caverne mais transmet à ses Frères l’amour de la Lumière. Sur ce chantier, ni chef spirituel ni gardien du Temple ; nous tous réunis en Fraternité à la gloire du Grand Architecte.

 

A bientôt en cette contrée, vous tous mes Bien Aimés Frères, qui avaient déjà montré dans vos Orients respectifs toute votre détermination. Notre Chaîne d’union ne doit plus être virtuelle et se contenter de mots, mais prendre sa dimension physique et spirituelle, en permettant à nos mains comme à nos cœurs de s’unir, sous l’autorité bienfaisante du Père qui seul peut nous rassembler et nous amener à de nouveaux progrès sur notre chemin initiatique.

 

Comme l’exprimait La Fayette, les Etats Unis d’Amérique ne se sont pas assemblés en un seul jour ; il y a eu des combats, des doutes, des souffrances mais aussi tant de foi qui fut le ciment d’une si grandiose aventure.

Sachons écrire une nouvelle page et relever les colonnes. Même si un jour, l’orgueil d’un homme peut une nouvelle fois les briser. Il n’aura pas brisé notre rêve, et nous aurons su se faire lever une nouvelle génération de constructeurs. En leur ayant appris à construire sans violence, sans métaux, sans autre ambition que la plénitude de l’Art Royal.

 

 

Les fils de James Anderson

Commenter cet article

lecire 01/07/2010 09:58



Merci mes B.A.F. pour cet excellent travail. Puisse-t-il faire encore monter notre audience et susciter le respect minimal de ceux qui ne nous soutiennent pas, sans doute parce qu'ils n'ont pas
encore compris le fondement de nos actions.

Il résume bien qui nous sommes et à quoi nous sommes attachés quand s'exprime l'esprit de notre Myositis Libre qui porte à bout de bras les efforts de l'indispensable refondation. Le
Grand Oeuvre est en marche.

Vous qui hésitez encore, rejoignez cet Edifice qui jour après jour, se construit autour de vous. Participez de vos énergies à nos côtés pour aider à la mise en place de cet avenir maçonnique dont
nous définissons, avec des FF. extraordinaires,  les nouveaux contours et fondements de demain.

Ne manquez pas à l'appel de notre esprit de LIBERTE,
inconditionnel et inconditionné.

Fraternellement à tous,
EV/paca