RETOUR SUR L’ARTICLE DE L’EXPRESS

Publié le par Le Myosotis libre

RETOUR SUR L’ARTICLE DE L’EXPRESS

RELATIF AU « VRAI POUVOIR DES FRANCS-MACONS »

 

Nous vous avons communiqué le contenu de cette analyse qui faisait la Une de l’édition du 13 octobre dernier. L’article a été très bien perçu des lecteurs toujours friands de communications sur ce thème. Beaucoup moins bien des obédiences perpignanaises. Intéressons-nous à comprendre le pourquoi de cet écart de résonance.

 

Premier reproche adressé à M. Jacques Molénat, journaliste qui a eu le mérite de prendre la mesure de l’effet produit auprès des Frères Catalans, au cours d’un déjeuner-débat animé à Perpignan par l’association inter-obédientielle Archiram : « Vous parlez des trains qui n’arrivent pas à l’heure, pas du cœur du travail maçonnique ».

 

Il est curieux que ces Frères ne se sentent pas les premiers investis de cette mission de communication, et reprochent à un journaliste politique de ne pas s’attaquer à l’indicible mystère de la vie des Loges et du cheminement initiatique du Maçon !

 

Les lecteurs du monde profane ont confié leur amusement de voir le déploiement de certaines mises en scène grandioses qui retombent bien vite, et les tentatives de trafic d’influence qui font aussi long feu, malgré un recrutement tous azimuts.

Face à cette mafia petite main, l’article a le mérite de faire sentir le côté tragi-comique de ses acteurs, relativisant ce ‘‘pouvoir’’ qui n’illusionne plus que ceux qui le veulent bien.

L’étude fait aussi place à une réalité sympathique, le dévouement de ceux qui croient avant tout à la fraternité humaine, s’y donnent sans compter et sans mettre de barrière à cet élan de générosité.

Une tonalité réaliste qui change des expressions récurrentes sur le même sujet.

 

Deuxième reproche venu du monde obédientiel : « Vous parlez d’évolution vers la médiocrité et de baisse du niveau dans le recrutement ; en fait le niveau monte » !

M. Jacques Molénat a rétorqué qu’il ne s’agissait pas d’une analyse personnelle mais du sentiment de bon nombre de ses interlocuteurs Maçons.

Nous tenons à conforter cette interprétation, en la précisant.

 

Le niveau dont s’agit, et qui est dramatiquement en baisse, est le niveau d’authenticité dans le cheminement maçonnique choisi. La connaissance des symboles, leur perception au sein du rite pratiqué, la conviction de l’existence même d’un dépôt précieux au cœur des rituels, ne sont plus réservées qu’à une classe d’ ‘‘illuminés’’ qui dérange les obédiences, pleines de la vanité de leurs lourdeurs administratives et du mépris hautain généré par leurs ambitions financières.

L’histoire de l’Ordre, l’avènement des rites à travers le monde, tant dans leurs grades symboliques que dans les différentes voies de perfectionnement, voilà encore une terra incognita pour tant de ceux qui prétendent en instruire d’autres, au sein des obédiences maçonniques. Voire en assumer la « Direction Spirituelle » !

 

Troisième reproche, non exprimé mais fortement latent, de la part de la Maçonnerie obédientielle, à l’encontre de l’article : le tour d’horizon du journaliste s’étend largement sur ceux qui ont délibérément choisi de réagir, face au rejet de la dimension spirituelle, en quittant leur obédience, tout en poursuivant leur cheminement dans une parfaite régularité initiatique. Une Sœur dissidente qui a monté en quatre ans une « petite obédience familiale » de cinq Loges ; une Loge du RER, partie voici dix ans, et qui s’est étoffée au point de créer une Loge supplémentaire ; un ancien Grand Officier Provincial, parti il y a sept ans, et qui a fondé une Loge Libre et Souveraine travaillant au Rite Français ; un ancien Grand Officier National qui a refusé, il y a deux ans, « la déviance sectaire de son obédience », et retrouve depuis « la paix, l’harmonie, la simplicité et la régularité initiatique » au sein de petites obédiences et de Loges Libres, qu’il fréquente en « Maçon de saint Jean ».

 

Le journaliste s’interroge : « Inventerait-il une nouvelle façon d’être franc-maçon ? » Avant de vous livrer la réponse de l’auteur de l’article, je vous propose de prendre cette question à bras le corps : comment être Franc-Maçon aujourd’hui, pour maintenir fidèlement la Tradition que nous avons reçue et que nous nous devons de transmettre dans son intégrité aux générations à venir ?

 

L’Ordre n’est plus le fil conducteur des deux principales obédiences maçonniques. En voulant absorber la totalité des rites, au nom de leur volonté de puissance, elles ont commis le crime le plus odieux vis à vis de la Tradition. Celui de tordre le cou à tout ce qui offre à l’individu une voie d’épanouissement et de liberté, pour établir sa domination par la confusion et le non sens.

Comment approcher du sacré, en en profanant chaque branche et en ignorant ses racines ? Comment s’inscrire dans une démarche initiatique, en ouvrant le Temple aux marchands ? Comment se référer à une autorité morale, lorsque l’on est même pas reconnu pour Maçon par les siens ? L’avènement des faux prophètes est la réalité maçonnique d’aujourd’hui. Larges manipulations à l’appui.

 

Une ‘‘opposition’’ peut-elle avoir un sens, au sein d’une structure associative qui ne porte plus en elle les fondements de sa vocation ?

En affirmant, dans son nouveau manifeste, que la GLNF est « la seule obédience régulière pour la France » et que « les Loges de la GLNF sont seules détentrices de la compétence spirituelle », l’opposition FMR montre que rien ne changerait en esprit, si l’actuel Grand Maître venait à être remplacé, et que le débat qu’elle anime ne porte, comme son manifeste l’indique, que sur « une nouvelle gouvernance » ! Non sur le problème du retour à l’esprit de la Tradition.

 

Ceux qui restent, pensent se battre pour des idées ; ils ne se battent que pour des personnes. Car les idées demandent pour vivre, non des compromis mais du courage. Aujourd’hui ce courage ne se nomme pas démission ; or en tolérant la négation de tous les principes fondamentaux de l’Ordre, ceux qui s’accrochent au confort de l’habitude et de la sécurité, ont dors et déjà démissionné et trahi leurs engagements.

Ceux qui partent et reconstruisent, accomplissent la mission du Maçon évoquée par les rituels ; ils peuvent seuls s’opposer en conscience aux déviances et les dénoncer. Ils peuvent surtout faire tomber les prétentions gratuites de ceux qui s’arrogent une prétendue régularité initiatique, au nom de subterfuges administratifs, nuls devant l’Histoire et devant l’Eternel.

Encore faut-il qu’ils aient pris suffisamment de distance, pour ne pas recréer une copie conforme de ce qu’ils prétendent avoir abandonné !

 

Les seules obédiences marquantes, sur le plan de la régularité initiatique, sont discrètes et modestes. La LNF guide inlassablement ses membres dans la recherche relative à notre histoire et dans le message de nos rites ; la Grande Loge de France se ressource de sa propre histoire et du Rite Ecossais Ancien Accepté qui ouvre les esprits vers tout le patrimoine philosophique de l’humanité.

 

De partout parviennent vers ce blog les messages de tant de Loges Libres et Souveraines, heureuses de pouvoir accueillir ceux qui auront eu assez d’honnêteté et de clairvoyance pour préférer l’ombre à l’éclat, la paix au combat, les douceurs de la fraternité aux rigueurs de l’autorité.

De partout parviennent vers ce blog des messages de Frères qui ne supportent plus le trouble et la contrainte, là où ils étaient venus chercher la lumière et l’harmonie. Leur souhait le plus pressant : rejoindre le pays où s’est réfugiée la Maçonnerie régulière ; partir pour quitter l’esclavage.

 

Ce pays existe de temps immémoriaux. C’est le pays des Loges de saint Jean. Il est ouvert à tous les cherchants, à tous ceux qui ont entendu la Parole de l’Evangile leur murmurer à l’oreille : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux.»

 

Tant de société ont pâti de la volonté de tyrans ou de castes sacerdotales, de s’affirmer comme seuls intermédiaires entre le Créateur et sa créature, dans l’unique but de s’arroger le pouvoir temporel, qu’il est temps de ne plus s’en remettre, pour son cheminement initiatique personnel, aux dictats de Grands Maîtres et de tant de petits chefs empressés et emplumés.

 

Seule la vie des Loges, seule la mise en œuvre, dans toute la force de sa tradition, du rite choisi, et seule la réflexion personnelle sur le vécu émotionnel rencontré cérémonie après cérémonie, pourront apportées la mesure des Lois qui guident un monde où l’amour fraternel soit moins souvent évoqué mais plus souvent pratiqué.

 

Une marche arrière difficile permet souvent de repartir de l’avant. Cette prise de conscience incontournable est soulignée par tous les rites. Elle sera le gage d’une sélection naturelle entre les Maçons de convenance et les Maçons de Tradition. L’heure est au choix ; les Loges Libres et Souveraines de saint Jean sont là pour aider à éclairer ce choix, dans la liberté de chaque conscience.

 

Conclusion de l’article cité de l’Express : « La dissidence prend parfois l’allure d’un retour aux sources ».

Puissiez-vous être nombreux à goûter de cette source, mes Frères...

 

Les Compagnons du Myosotis libre

 

 

 

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