Pouquoi je ne reviendrai pas à la GLNF

Publié le par Le Myosotis libre

La régularité mais à quel prix ? La filiation apostolique passe aussi par les Borgia.

 

Peut-on accepter n’importe quoi avec l’alibi de la régularité ?

Comme chacun le répète à loisir : "L’arbre se reconnaît à ses fruits" Luc 6-43.

Regardons donc les fruits.

Mais pour cela encore faudrait-il avoir les yeux décillés comme le préconisent tous les rituels d’initiation en

retirant le bandeau. Hélas, nous ne pouvons voir que ce que nous sommes aptes à reconnaître.

Pour cela, plutôt que de se précipiter sur une filiation anglaise voire écossaise, sachons plutôt

honorer l’héritage français en faisant preuve d’esprit critique. Plutôt que de nous laisser mener

dans une aventure toujours voilée dans un obscurantisme savamment entretenu, ayons

l’honnêteté intellectuelle d’exiger du message maçonnique qu’il soit à la hauteur de l’avancée

de la pensée humaine.

Quel dessein pourrait pousser untel à s’inscrire dans un développement initiatique rétrograde ?

Autrement dit, en connaissance de cause, je décidai d’être Francmaçon,

tout en sachant que les buts et la finalité de la Franc-maçonnerie m’amèneraient à être

moins éclairé, moins connaissant, moins sage, que ne le serait un profane qui aurait par

exemple étudié la philosophie. Ainsi Descartes au début du XVIIème siècle nous a enseigné le

doute systématique : pur joyau du Maître Maçon !

En effet c’est bien l’attribut de la sagesse, car ne pas faire preuve d’esprit critique, c’est tomber inévitablement dans le premier piège à " gogo ".

 Ainsi, l’esprit critique systématique, faisant partie d’une tradition bien française, est

le 1er outil qui permettra de séparer le bon grain de l’ivraie, fut-il régulier, anglais ou écossais.

La Franc-maçonnerie est l’exemple même d’une Tradition totalement réinventée et la preuve

que le concept de Tradition ne recouvre pas celui de traditionalisme.

On ne peut s’empêcher de penser que la nouvelle maçonnerie qui se forme à Londres sous l’impulsion d’un petit

groupe de savants, tous membres de la Royal Society est une oeuvre originale sans précédent.

Elle a besoin de s’adosser à d’autres traditions pour asseoir son autorité et bénéficier d’une

légitimité.

Une large observation " des fruits " montre que le message initial de la Francmaçonnerie

s’est figé dans une interprétation de masse, à son plus bas niveau, détourné au

profit de nouveaux tyrans de Syracuse, borgnes à la vision unilatérale, prompts à régner sur

des aveugles.

L’une de mes plus tristes expériences maçonniques, a été le constat, au cours de

mes voyages en Ecosse, en Angleterre, aux Etats-Unis, de l’indigence intellectuelle des

maçons réguliers, même dans les grades et offices les plus avancés.

Certains avanceront l’argument que la dimension initiatique réside dans ce " par coeur " qui " nivelle nos

infimes grandeurs " au profit de la fraternité. La Franc-maçonnerie ne serait donc alors qu’une

immense Saturnale, un charivari, où la règle est le " cul par-dessus tête ", où ses chefs

finalement ne sont que des papes des fous.

Par conséquent se justifierait alors d’autant plus " le secret ", car prendre le symbole pour la réalité et s’ouvrir au monde réel et profane, ne montre qu’un carnaval grotesque avec le pire à sa tête, ce qui n’est pas très éloigné du tableau actuel.

Le message initial de la Franc-maçonnerie reste somme toute largement incompris,

inaccessible, par l’impotence de ses chefs, détourné au profit d’un système pyramidal dévoyé

comme souvent par la cupidité et l’orgueil.

Le fruit est sans rapport avec sa vocation première.

Il s’agit de l’un des hold up les plus importants de l’histoire contemporaine et des plus méconnus.

A cela quelques raisons parmi lesquelles : la récupération par les hauts grades

du message originel, véritable liseron sur les premières roses maçonniques à peine écloses, la

conséquence de ne travailler qu’au 1er degré au dépend du message universel de la Franc maçonnerie

contenu dans le mythe d’Hiram. (erreur herméneutique gravissime).

J’en veux pour preuve, la grande proximité des rituels du 3ème degré à tous les rites alors que les deux

premiers degrés sont très nettement différenciés.

L’actuelle Franc-maçonnerie a des semelles de plomb et elle est la moins habilitée à déchiffrer son propre récit qui doit être lu de façon rétroactive à partir du mythe d’Hiram et non à partir du 1er degré. Ce mythe, qui se suffit à lui

seul, nous enseigne que la finalité de l’initiation est de nous rendre " Maître ", c'est un

aboutissement, il donne les clef du " devenir adulte ", c'est-à-dire d’arriver au stade ultime du

développement permis à l’être humain dans son existence.

C’est la finalité de toute éducation : devenir autonome ! Ce qui signifie étymologiquement en grec : " être porteur de la Règle " ou encore " maîtriser l’Art Royal " ou " l’art de la Règle ".

Ainsi comme nous l’enseigne le mythe d’Hiram, le maître est mort et la parole est perdue.

Mais contrairement à ce que beaucoup aiment à nous faire accroire, ce n’est pas pour y substituer ipso facto un

grand maître par là et des grands maîtres par ci.

Comme disait un maçon russe célèbre " votre dieu ne peut pas exister car s’il existe, alors l’homme est esclave ". La quête continue donc, et elle n’est certainement pas possible dans un endroit confisqué par une oligarchie de pervers sociaux, de nostalgiques de l’Ancien Régime voire de Vichy.

Vous valez mieux que ça en tant qu’êtres humains, avant de vous dire Anglais ou Ecossais soyez Français, faites preuve d’esprit critique, et discernez les bons fruits des mauvais.

 

Lacuzon

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