OMNES IN UNUM ?

Publié le par Le Myosotis libre

Après le déchaînement des passions électorales au sein de l’obédience GLNF, il convient d’en tirer des leçons pour l’Ordre. Le constat qui s’impose est celui d’une déviance, issue de la mécanique obédientielle qui broie les finalités traditionnelles au nom des appétits individuels de reconnaissance, au nom d’un développement incessant du nombre, et par l’appauvrissement constant du sentiment de fraternité et de la culture de l’humilité.

Symboles et rites ne dégagent plus de réalité spirituelle, pour n’être laissés en pâture qu’à quelques illuminés d’un autre temps, figures de cire bonnes pour la décoration du musée des antiquités maçonniques.

 

Place au management et à la communication moderne ! Place à l’autorité d’un seul qui croit savoir, sur tous, qui vont ainsi pouvoir enfin parfaire leur éducation morale, devant les coups de force gagnants, l’ignorance et l’inculture élevées en bouclier, la vénalité érigée en stratégie. Place surtout à la déviance sectaire qui tisse subrepticement le voile qui égare les adeptes mais touche même ceux qui s’efforcent de s’en défendre.

C’est ainsi que celui dont les démonstrations successives ont clairement démontré qu’il n’avait rien d’un Franc-Maçon dans l’esprit, a pu recevoir le soutien manipulé de la moitié des votants de l’obédience.

 

Certains ont souhaité se dédouaner d’une telle aberration, en constituant un front d’opposition ! Reconnaissance, s’il en est, du triomphe des ténèbres et des réflexes profanes.

D’autres préconisent de laisser de côté les divergences et de se recentrer sur le travail en Loge, dans le respect des principes de l’Ordre. C’est le piège tendu par le pouvoir en place, qui n’attend qu’une chose : d’être avalisé par les siens, et débarrassé de la contestation des autres.

 

Rester dans une obédience qui ne dispose plus d’aucune autorité morale, d’aucune régularité initiatique, c’est faire le choix de la collaboration, de la profanation de la Tradition, de l’obscurité de la caverne.

 

Reconstruire au sein d’une nouvelle obédience, c’est faire le choix d’un confort frileux et de nouvelles déceptions. C’est refuser d’aller jusqu’au bout de l’enseignement des rituels, en ne frappant pas le traître qui sommeille en chacun d’entre nous, en ne passant pas le pont qui mène vers le véritable chantier de reconstruction, en ne brisant pas ses liens afin d’être libre, comme tout Maçon doit l’être, et en ne découvrant donc pas le chemin de l’humilité, du dépouillement et de la persévérance, qui mène à la Parole.

 

Omnes in unum constituait la devise des obédiences. Mais faire rentrer tout le monde dans le même moule n’a jamais constitué une démarche maçonnique. La culture de l’Ordre passe par le travail d’un Maçon libre, dit autrefois Maçon de saint Jean, au sein d’une Loge librement constituée par des Maîtres Maçons désireux de se réunir à la Gloire du GADL’U, afin de cultiver et transmettre de manière authentique la Tradition qu’ils ont régulièrement reçue.

 

Seuls ceux qui auront su aller jusqu’au bout de l’exigence de liberté et de vérité, se retrouveront naturellement en fraternité et en unité. Ils pourront alors affirmer entre eux omes in unum et attirer à eux un petit nombre de candidats, réels porteurs de la Tradition, non matricule XXX d’une maçonnerie d’opérette, voire adepte d’une secte douteuse et dangereuse.

 

L’actualité a permis de faire tomber les masques mais pas toutes les œillères ! C’est de la liberté de conscience de chacun que le choix doit venir. Avec les Livres Sacrés et les rituels pour seuls guides.

 

Puissent vos choix respectifs vous donner autant le sentiment d’aller vers la Paix profonde et le partage fraternel, qu’ont pu le vivre au cours de leur cheminement les Maçons de saint Jean, en frappant à la porte des Loges Libres et Souveraines ou en décidant de former une nouvelle Loge de saint Jean, à l’écart du tumulte des obédiences dont Marius Lepage écrivait qu’elles sont soumises « à toutes les fluctuations inhérentes à la faiblesse congénitale de l’esprit humain ».

C’était le cas pour lui, hier ; c’est toujours le cas dans l’actualité d’aujourd’hui ; pourquoi ne pas chercher ailleurs pour demain, enfants de la Vérité et la Lumière, nos Bien Aimés Frères ?

 

Les Compagnons des Myosotis Libres

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D. Zabuzet 26/10/2010 16:09



Las! La Maçonnerie a commencé à en prendre un sérieux coup dans l'aile ce triste jour de 1717 où 4 Loges londonniennes fondèrent la première Grande Loge, ouvrant ainsi la porte à tous qui ne
voyaient là qu'un moyen de satisfaire leur soif de pouvoir, leur besoin d'être chef de quelque chose...


Ainsi va l'homme !



Le Myosotis libre 26/10/2010 18:55


Tu l'as dit bouffi ! Victor