Les Chemins de saint Jean passent par Annecy

Publié le par Le Myosotis libre

 

L’histoire des Frères que nous avons eu la grande joie de visiter à l’Orient d’Annecy, mérite d’être contée, pour être représentative de l’avènement d’une nouvelle Loge au sein de l’Ordre, selon la tradition maçonnique la plus authentique.

 

Durant cinq années, des Maîtres Maçons issus de différentes obédiences et convaincus que le joug obédientiel n’apportait nullement la lumière qu’ils cherchaient dans leur quête, travaillèrent au sein d’un triangle à la constitution d’une Loge Libre.

Ils se mirent progressivement d’accord sur le nom de ‘‘R.L. Ataraxie’’, sur l’adoption pour les travaux du Rite Français, sur un Orient itinérant destiné à maintenir la simplicité des décors et la tradition des Loges militaires, sur un règlement intérieur imposant la règle maçonnique essentielle de l’unanimité, pour leur plus grand malheur si malmenée par les obédiences.

La Loge est exclusivement masculine mais se réserve d’accueillir en visiteurs des Sœurs, si la Loge en a préalablement décidé ainsi, comme pour toute admission. Enfin, en marque de rejet des honneurs et ambitions, les Maîtres installés ont inscrit qu’ils ne pourraient pas être candidats au Vénéralat de la Loge.

Dans le même esprit de travail et d’humilité, les fondateurs répétèrent ensuite les cérémonies en faisant à chaque fois tourner les fonctions.

 

Nous sommes loin des créations obédientielles destinées à satisfaire des ego, à séparer des frères ennemis ou à faire du nombre, dans un mélange cacophonique d’usages provenant de différents rites mal reçus et encore plus mal pratiqués !

 

Jamais, absolument jamais, les Loges formées durant les cinquante premières années de la Maçonnerie française, ne sont nées de l’octroie d’une Patente. Une Loge naissait toujours libre, de la seule volonté de ses fondateurs, qui lui choisissait un nom, qui définissaient l’invocation qui présiderait à l’ouverture des travaux, le contenu du Livre sur lequel serait prêté les serments, le lieu des tenues…

Après quelques mois, voire années de pratique, la Loge pouvait éventuellement demander à être inscrite dans les registres d’une obédience. Si tel était le cas, une fête s’en suivait dans l’Orient, qui n’avait nullement pour vocation de consacrer la Loge ni de régulariser les fondateurs ou les membres reçus depuis la fondation. Tout ceci était un acquis de par la capacité des fondateurs à assumer leur projet, de par l’incontournable postulat qui fait que la Réception d’un nouveau Maçon ne peut être pratiquée que par la volonté unanime des Frères formant Loge. Domaine initiatique où l’obédience ne saurait avoir de compétence, sa raison d’être n’étant conçue que sur le plan administratif.

Ayant voulu permettre à la créature de dialoguer librement avec son Créateur, sans intervention d’un ministre du culte, la Maçonnerie entend proposer aux Loges toute l’étendue de sa Tradition, en faisant de chacune un pilier de l’Ordre, sans la soumettre aux dictats d’un Grand Maître ou d’un appareil obédientiel.

 

Quant à la première Grande Loge, elle se dénommait ainsi, pour assembler momentanément les Maîtres de Loge. La décision du pouvoir royal d’interdire ces tenues de Grande Loge, suite à de violentes bagarres entre clans opposés, n’empêcha pas la poursuite des tenues de chaque Loge, ni le développement du nombre d’entre elles sur toute la France. Elle explique au contraire la richesse du lègue de cette période à la Maçonnerie française, qui inspira tous les rites continentaux.

 

Le Maître des Cérémonies invite au silence et rappèle aux visiteurs l’usage des Loges militaires, repris par la RL Ataraxie en sa qualité de Loge itinérante, de ne revêtir ses décors qu’à l’intérieur de la Loge.

Chacun prend place sur les colonnes, s’habille puis forme Loge, en marquant son insertion à l’intérieur de l’espace-temps sacré, par le déplacement de la corde à nœuds située devant les sièges et symboliquement passée derrière. Chacun faisant désormais partie intégrante de la Loge.

La présentation des visiteurs fait ressortir que cette Loge Libre et Souveraine assemble en son sein des Frères et Sœurs du GOF, de la GLF, de la GLNF, d’une obédience mixte de Memphis et Misraïm, ainsi que des Maçons de saint Jean. Cette rencontre fraternelle, encore hier impensable, malgré son esprit directement inspiré des Constitutions d’Anderson, devient aujourd’hui réalité, au cœur d’une Loge Libre !

Il est des séismes dont les répliques sont inattendues…

 

Après une ouverture parfaite pour unir les esprits dans la paix et la fraternité, l’ordre du jour prévoit des travaux symboliques au 1er grade.

Quel plaisir de voir les interventions se succéder, se compléter et enrichir chacun du meilleur de l’autre. Réunies dans un havre de paix et de liberté, les obédiences ne se combattent pas, les participants ressentent au contraire tout ce qui les rassemble, et la profondeur d’une même sensibilité de Cherchant.

 

Conviction dans sa foi de Maçon, très grande humilité dans son doute sur ses propres capacités à bien faire, accueil sincère de l’autre, trois traits essentiels qui accompagnent les Frères de la RL Ataraxie et rejaillissent sur la tonalité des travaux.

Qu’ils soient remerciés pour cette démonstration de Maçonnerie, qui tranche avec les certitudes affichées par tant de porteurs d’éclats trompeurs.

 

Le flambeau d’une Maçonnerie française en plein réveil, après avoir traversé les pires cauchemars, éclaire sommets et vallées de Savoie. Il fait apparaître sans distinction tous ceux qui puisent dans la Tradition maçonnique originelle un généreux élan de fraternité, un vent salvateur de liberté, une aspiration profonde à l’authenticité.

 

Le temps des fossoyeurs est passé. Par l’acceptation de l’itinérance, les Frères d’Ataraxie montrent le chemin et tendent le bâton aux pèlerins que nous devons rester, pour préserver notre liberté et notre capacité de nous remettre perpétuellement en question.

Dès lors que les institutions altèrent cette faculté, ces outils finissent par se briser. Avant cette fois de nous avoir brisé !

 

Pour saluer cet esprit qui fait honneur à l’Ordre, les Compagnons du Myosotis libre qui disposent des grades requis, proposent à nos Frères savoyards, si tel est le désir unanime de la RL Ataraxie, de former un Chapitre itinérant des Grades de Sagesse du Rite Français, et de le réunir, quand ils le souhaiteront, dans leur région, pour leur permettre de découvrir progressivement l’ensemble du rite qu’ils ont choisi.

 

A bientôt si vous le souhaitez et un grand merci pour votre accueil, mes Très Chers Frères.

 

Les Compagnons du Myosotis libre

                                                                                                                     

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hubert giot 27/11/2010 19:48



Bonjour mes FF  et SS


De toutes ex obédiences, nous avons eu le grand plaisir de partager un moment avec vous, c'était tout simplement une tenue équilibrée, où la parole a circulé.Notre itinérance nous veut simple,
notre temple tient dans une cantine, comme le dit hervé nous essayons de balayer nos problèmes d'égo, pour l'instant ça marche. Je pense qu'il faudrait mettre en ligne les dates et lieux des
différentes loges libres dites historiquement de St Jean, afin que les FF et SS en déplacement puissent visiter celles et ceux qui partagent nos convictions. Merci de ta visite, et je
suis interpellé par le fait de créer un regroupement (peu importe le nom de la chose) d'itinérants. BIz frat. Hubert