Le Maçon Libre

Publié le par Le Myosotis libre

 

La Maçonnerie moderne du XVIIIe siècle s’est voulue méthode donnée au Cherchant, afin de l’aider à découvrire les Lois de l’univers. Elle s’adresse à tous ceux, quelque soit leur religion ou leur refus d’adhésion à toute autre religion que la « religion naturelle », qui croient en un Grand Architecte Créateur mais aussi en l’appel de l’Homme à participer à l’achèvement de la création.

 

L’Homme est donc né libre de refuser ou de suivre cet appel. S’il frappe à la porte d’une Loge, c’est dans le libre exercice d’un cheminement qui va lui apprendre à chercher au fond de lui même le ressort de sa quête.

S’il est accepté, le candidat n’est pas initié mais poursuit son initiation, étape après étape. L’alimentation de sa réflexion proviendra du rite, de l’émotion révélatrice de chaque cérémonie, infrarouge de la connaissance, des échanges avec ses Frères, de sa découverte de la tradition, de l’évolution progressive de son comportement dans son milieu familial, social, professionnel, de son regard sur les éléments…

 

Sur le plan maçonnique, il a reçu, depuis qu’il est Compagnon, c’est à dire depuis son entrée en Maçonnerie, puisqu’à l’origine on était immédiatement reçu en une seule cérémonie « Apprentif-Compagnon », la liberté d’aller d’un chantier à l’autre selon son choix. C’est la contrepartie de sa prestation de serment. Où qu’il aille après sa Réception, il est entré dans l’Ordre ; sa qualité initiatique ne saurait être remise en cause pour un quelconque motif administratif. Sauf pour lui à renier sa démarche, ce dont il reste toujours libre.

 

En ayant bu la coupe, symbole de destinée, jusqu’à la lie, le jeune Maçon a aussi pris la mesure de sa soumission aux décrets de la Providence. Sa liberté reste entière vis à vis du jugement des hommes. Elle débute son éducation dans la recherche de son épanouissement au sein des Lois qui régissent l’univers. C’est la fonction éthique de l’Ordre, science du comportement juste, qui amène celui qui a pris la voie de la sagesse, à faire volontairement ce qu’il est inévitable qu’il fasse.

 

L’exercice de cette liberté rejoint la volonté créatrice qui a décidé de renoncer à sa toute puissance originelle, en accordant à l’Homme la connaissance du bien et du mal. Le mal peut donc triompher ici ou là. Mais Dieu reste tout puissant en matière d’Amour, là où Il invite l’Homme à le rejoindre.

Ainsi doit se comprendre l’affirmation de Martin Heidegger : « L’apparente absence de choix que trahit la spontanéité, n’est que la marque de l’intensité même avec laquelle je choisis. »

 

Ainsi s’explique aussi le déclin des obédiences maçonniques contraignantes, où l’homme veut prendre le pouvoir sur l’homme, où l’apprenti sorcier veut prendre la place des consciences, pour éviter d’avoir à sonder la sienne.

 

Face à ces prises d’otages au sein de la tradition maçonnique, les Maçons de saint Jean prennent leur bâton de pèlerin et affirment vouloir rester des Maçons Libres au sein de Loges Libres travaillant à la Gloire du GADL’U.

 

Les Compagnons du Myosotis libre

 

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