La Voie substituée et la Voix de la Tradition

Publié le par Le Myosotis libre

Myosotis e

 

 

Le qualificatif de « Voie substituée » a été donné par le TRF Jean Baylot à toutes les constructions qui prétendent se référer à la Franc-Maçonnerie, sans en respecter la tradition authentique.

 

L’obédience GLNF, en ayant vidé les rituels de leur symbolisme vivant, en ayant transformé une libre quête spirituelle individuelle en méthode coercitive de gestion collective sectaire au service d’un guide spirituel auto-proclamé, en consacrant son seul dynamisme dans la recherche de l’augmentation quantitative du nombre d’adhérents et des placements financiers tirés des cotisations perçues, a trahi la vocation de l’Ordre. Elle n’a désormais plus aucune capacité de transmission régulière de la tradition initiatique. La tour de Pisan a rejoint la Tour de Babel dans les constructions qui symbolisent l’orgueil de l’homme et le défit que celui-ci adresse régulièrement à travers les âges au Grand Architecte de l’Univers.

Dans sa remarquable analyse sur la perversion narcissique et le déni qui en découle, Tamino (Myosotis Ligérien 12 juin 2010) conclut que l’on assiste à une redoutable capacité de transformer le bien en mal et que terrorisée, la victime sera contrainte de laisser le prédateur agir à sa guise ! Exit donc l’écoute de la voix des fondateurs, la GLNF dont la réforme intérieure relève de la Chimère, sacrifie la mémoire de ses pairs et tous les enfants qu’elle abuse. Car on peut résoudre par la force une prise d’otages mais pas le syndrome de Stockholm.

 

Depuis plusieurs années, les tenants de la Tradition maçonnique ont quitté, les uns après les autres, une obédience qui n’avait plus de régulière que le passe-port administratif anglais daté de 1917, et valait à celle-ci le qualificatif d’« anglaise », pendant que les Anglais horrifiés la regardaient de loin, parlant de « french bordel », et remerciant le GADL’U d’avoir tracé la Manche entre eux et nous !

 

D’autres Grandes Loges sont nées de différentes scissions, qui ont conservé la même organisation. Savoir celle d’un Grand Orient qui tente de rassembler en son sein un ensemble de rites de profils différents, soumis à un même règlement, dans une même structure réductrice, incompatible avec la logique propre à chaque cheminement.

Oui, le Rite Français nécessite une organisation démocratique, de par son histoire et sa synthèse ; oui, le REAA qui éclot en France sous l’Empire, justifie une organisation où l’autorité vient d’un Suprême Conseil ; oui, le Rite de Memphis et Misraïm se soumet à l’autorité spirituelle d’un Grand Hiérophante reconnu, préparé et désigné à vie par son prédécesseur ; oui la position des sphères, des colonnes et des chandeliers diffère radicalement d’un rite à l’autre, de par leur symbolisme respectif ; oui, le lieu de réunion peut être la Loge ou le Temple, selon le rite pratiqué ; oui, le RER propose quatre grades avant l’entrée dans l’Ordre intérieur ; oui, les rites anglo-saxons ne sont faits ni pour des cérémonies mensuelles ni pour la présentation de planches mais pour la restitution par le cœur d’un rituel qui pénètre peu à peu, à force de s’imprégner de son esprit dans les grades bleus comme dans les side degrees ; oui, le Rite Français suppose des Morceaux d’Architecture de tradition orale, et le REAA des planches écrites s’inspirant de tout le patrimoine spirituel de l‘humanité ; oui, les épreuves de l’initié au REAA l’amène à rencontrer les éléments Terre, Air, Eau, Feu mais uniquement les éléments baptismaux Eau et Feu au Rite Français... Oui, la volonté iconoclaste de faire un mélange informe de l’ensemble, permettant de tout régenter et aboutissant à tout violer, n’a aucun autre sens que celui poursuivi par un pouvoir totalitaire, effaceur de tradition, de sens et de conscience. 

Seule la Grande Loge de France est une véritable Grande Loge, autour du REAA, et en conserve pleinement le patrimoine avec son Suprême Conseil.

 

Les Loges libres pratiquent également un seul rite, autour duquel s’articule leur organisation, dépouillée des grands écarts nécessaires à la cohabitation au sein des Grands Orients. Le Cherchant y est face à lui même et face à son Créateur. Le message des fondateurs n’est pas étouffé dans un mélange des genres ; la tradition initiatique s’épanouit naturellement ; aucune ambition ne trouve de terreau favorable. La construction est saine mais inachevée...

En effet le cheminement proposé par la tradition maçonnique passe par l’instant où le voile du Temple se déchire, où la créature rencontre son Créateur. Mais il l’invite aussi à retourner sur le chantier que constitue l’Humanité, en commençant par travailler à la construction du temple. Une Loge se doit de ne pas s’ériger en temple mais seulement en atelier de préparation des plans et des outils. L’ouverture aux autres est le fil conducteur, permettant d’éviter de confondre moyen et fin.

Comment ne pas s’appauvrir, sans échanges ? Comment ne pas se figer, sans ouverture ? Comment ne pas se scléroser, sans partage fraternel de nos différences ? Comment aimer Dieu, sans amour du prochain ?

 

La voix des fondateurs montre le chemin. La Maçonnerie française des débuts du  XVIIIe siècle ne connaissait que le Rit et un grand nombre de hauts grades. Des synthèses cohérentes apparaissent ensuite : le Rite Ecossais Rectifié, le Système du G.O.F. en 7 grades, qui prendra le nom de Rite Français au XIXe siècle, le Rite de Perfection en 25 grades, qui deviendra le REAA au début du XIXe siècle.

En Angleterre, les Moderns de 1717 se heurteront aux Anciens de 1751, avant l’Act of union de 1813 qui fixera le Rite dit Emulation, du fait du nom de la Loge qui a pour mission de le préserver inlassablement.

 

Aller du profane au sacré nécessite d’agir avec prudence et modestie, en s’appliquant à gravir une face de la pyramide, à l’aide de matériaux porteurs de sens et de lumière. Progressant ainsi dans la découverte de nouveaux horizons, l’initié cultive tout à la fois l’exigence pour lui d’un comportement qui sonne juste, et la tolérance vis à vis de l’autre de chemins différents qui mènent au même sommet.

Ne pas se laisser dissoudre permet aussi de se pénétrer de la richesse des acquis de l’autre, et de mieux appréhender ainsi ses propres sources. La lumière renaît de la consistance naturelle des choses, lorsqu’elles sont à leur place et prennent tout leur sens. La réalisation d’un espace-temps sacré ne se décrète pas, elle s’apprend dans la rigueur, elle se cultive dans la recherche intérieure, elle s’épanouit dans l’amour fraternel. Elle se nomme l’Art Royal.

 

Je vous avais promis un monde nouveau. Vous disposez désormais de sa cartographie. Reste à l’aborder puis à l’habiter de votre âme de Maçon, dans l’écoute de la voix de la Tradition.

A bientôt, mes Très Chers Frères, sur ce continent perdu que vous êtes en passe de recouvrer, pour le plus grand profit de notre civilisation occidentale, malade de son manque de repères et du chant des sirènes de tant de faux prophètes.

 

La Fayette

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cdv32632 19/06/2010 13:10


Merci mon frère pour ce retour aux sources et le rappel, nécessaire, de l'esprit des rites. Le pire ennemi étant l'ignorance ton apport, malheureusement trop succinct, nous en protège.