Ex Tenebris Lux

Publié le par Le Myosotis sauvage

J’ai frappé à la porte d’une Loge de la GLNF en 1982 et y fut chaleureusement accueilli comme nouveau Frère. Je me suis enrichi spirituellement à travers la tradition maçonnique de chaque rite que j’ai pu découvrir peu à peu ; j’ai rencontré, dans chaque Orient visité, des Maçons accueillants et instruits, porteurs d’une flamme, auprès de laquelle chacun peut venir puiser l’éclairage qui va l’aider à sortir de la caverne des leurres et des passions.

 

J’ai mesuré combien l’exercice de chaque fonction qui a pu m’être confiée nécessitait de clairvoyance, de rigueur, de tolérance et d’humilité. Je garde de l’esprit de dévouement et d’amour fraternel témoigné par tant de Maîtres, un souvenir ému, que le temps ni l’éloignement des tenues n’altèrent.

 

En effet, j’ai adressé durant l’été 2009 au président Stifani ma démission de l’obédience, qui ne me paraît plus porteuse des valeurs qui m’avaient amené à solliciter mon adhésion 27 ans au-par avant. Ne constituant plus la référence morale que je sois capable de défendre en conscience, comme je l’avais assumé jusqu’alors, j’ai fait le choix seul et en toute discrétion de me retirer. Accueilli comme homme libre, c’est en Maçon libre que j’ai fait le choix de quitter un chantier dont les fondations dérogeaient à la Règle même, qui m’avait été enseignée.

 

C’est avec beaucoup de joie que j’ai vu fleurir les Myosotis et que je reconnais dans les propos tenus, bien des sentiments qui m’animent. Je constate à leur lecture que le despotisme ambiant, relayé dans les Provinces par tant de petits chefs, incapables d’expliquer le pourquoi du comment, et forcés de compenser pauvreté d’esprit et inculture, par arrogance et pompes factices, fait fuir ou pleurer les Frères venus chercher la Lumière et non l’éclat.

 

Après avoir coupé la tête de ceux qui entendaient oeuvrer pour l’Esprit de notre tradition et non pour la personne du Grand Maître, la GLNF se trouve orpheline et trahie : « Toute promotion accordée à un disciple capable de briller et non de servir, est au fond une manière de trahir l’esprit », avertissait Hermann Hesse. Au cœur de nos temples, nos ancêtres du XVIIIe siècle avaient inscrit cette sentence, qui définissait l’autorité morale requise pour chaque Officier de Loge : « Pas par la force, par la conviction ».

 

Face à ce que nous avons tous connu au sein des Loges, que faire lorsque celui qui est investit pour servir, oublie que ce n’est pas lui qui détient la Lumière ? Que faire surtout, lorsqu’il s’agit du Grand Maître, président de l’association civile obédientielle, que la tradition maçonnique française décrit comme devant être « le plus humble de tous », sans omettre de nous avertir que c’est par le Maillet, symbole du pouvoir temporel, que périt l’architecte du Temple !

 

Mes Très Cher Frères, grâce à la parole libérée, il est aujourd’hui clair qu’il ne s’agit plus d’un Frère ici ou là mécontent ou aigri mais qu’il s’agit d’une véritable tourmente, sécrétée par la violation flagrante et répétée des principes de tolérance, de soumission de tous aux landmarks et coutumes de l’Ordre, d’humilité et de fraternité. Nos outils sont brisés, nos travaux suspendus et la consternation règne parmi les ouvriers.

 

Néanmoins nos rituels nous enseignent tous, que c’est du fonds des ténèbres que nous pourrons faire ressurgir la Lumière, et qu’à nous tous, ce chalenge est possible.

Ecoutons les propos du TRF Jean Baylot, tirés de La voie substituée et qui résonnent avec une actualité brûlante : « La Franc-Maçonnerie ne saurait évoluer au gré de ses Assemblées Générales ni répondre aux mots d’ordre de ses administrateurs. L’Ordre ne totalise pas les volitions du moment ; il est là pour épanouir et libérer, non pour associer et contraindre. La Franc-Maçonnerie n’a pas un contenu modifiable. On peut récuser ce contenu, le juger périmé ou absurde ; on peut encore s’en moquer et s’en dégager mais on ne peut pas l’adapter ou le réformer. »

 

L’ancien monde s’écroule, pour avoir succombé aux coups portés par l’orgueil, l’ambition et la vanité. Reconstruisons le nouveau Temple, un monde nouveau s’ouvre devant nous, symbole de retour à l’Honneur et à la Lumière. Notre complicité, nourrie par le même sein puis par le même rejet de l’imposture, sera gage d’une aire nouvelle, si nous conservons Foi, Espérance et Charité. Le GADL’U nous vienne en aide.

 

La Fayette

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Perce-neige d'Alsace 23/02/2010 16:48



Bienvenue à tous les myosotis du monde libre et
affranchi, hommes justes et droits :


En lisant les commentaires des différents myosotis
qui viennent d’éclore aux 4 coins de l’hexagone (comme disait le regretté hector Roland), maire de Moulins, où coule l’Allier, sur lequel un pont – le pont  Regemorte – fixait la ligne de démarcation entre la France occupée (et celle annexée) et celle dite –provisoirement – libre…


Certes, c’était il y a 70 ans…mais aujourd’hui, il
semble que rien n’aie changé ;


En effet, j’observe les mêmes clivages, les mêmes
scenariis,..


(Bien sûr, la nature du schisme ne revêt pas le même
portée, sauf au plan émotionnel chez nos FF concernés)


Mais on y retrouve les mêmes habits : les
moralistes-légitimistes- attentistes-vichyistes-


Les apparatchiks-offensés-et narquois, qui haussent
les épaules aux ressentis de la plèbe


Les collabos-actifs-  les carriéristes bling-bling, et j’en passe,… il ne manque plus que le « Marechal, nous voilà ! » la main sur le cœur ; circulez, il n’y a
rien à voir, vous ne faites pas partie des « milieux bien informés »


Allez dans vos montagnes, vos plaines, et vos
caves,  faire de la résistance passive


Mais qu’on se le dise, tant qu’il n’y aura pas de
résistance active, offensive, réelle, bien des FF qui ne s’engagent pas, ne s’engageront pas davantage


Tant qu’un collectif «  jean Moulin »
n’apparaîtra pas, beaucoup, parmi nous resteront en embuscade, dans l’attentisme, car ce qu’ils souhaitent, c’est non pas un allez simple vers plus de démocratie, quand on voit l’usage qu’on en
fait, ce qu’ils veulent c’est le retour à l’avant :


Quel « avant » ?


-         l’avant,  des bidouillages de rituels,


-          l’avant  bidoullages
de réglements,


-         l’avant  bidouillages de rapports financiers


Bref, :-    L’avant  Charbonniaud-Foellner-Stifani,


 


Si possible, intra Glnf, sinon, ailleurs dans une
« New glnf »


 


Laissez-les dire, ces légitimistes, il se pourraient
qu’ils aient raison avant longtemps


On peut bien voir , ici et là les myosotis fleurir,
mais au bout du compte, quelle suite à tout cela ?


Quand chacun aura vidé tout son saoul de rancœur et
de colère justifiée, quid ? ? ?




Victor Hugo 23/02/2010 18:18



Justement le Myosotis sauvage se veut fédérateur ...... y parviendrons-nous ? Peut-être, mais pas seuls.

Victor Hugo



Jean-Pierre LAMON 23/02/2010 10:52


Il y a 5 ans ,avec une vingtaine de Frères de tous degrés,du 1er au 33ème ,j'ai quitté la Loge ISIS 92(G.L.N.F.)Nous nous sommes réfugiés chez un voisin:lalumière brillait,la table était mise,il a
partagè le pain et le vin;il avait les bras ouverts;nous sommes restés,avons fondé une nouvelle Loge très"hybride"(une habitude que nous avions gardée résultant de la qualité reconnue par tous de
nos travaux!)et avons contribué à d'autre fondations où nous avons été honorés de la dévolution des plateaux de tous les offices;nous respirons,nous travaillons,nous aimons et sommes aimés...nous
regrettons simplement de ne plus revoir certains Frères restés "en arrière" pour des raisons diverses d'où la passivité et le fatalisme ne sont point absents.La souffrance fut grande de partir
après le constat que toute résistance réformiste était vaine devant les prodromes des dérives aujourd'hui publiques;nous formons des voeux pour l'avènement d'une obédience rénovée,gardant ses
spécificités tout en reconnaissant les autres spécificités comme opportunités d'échanges mutuellement enrichissants."Il faut frotter et limer sa cervelle contre celle des autres"disait déjà
Montaigne!


Victor Hugo 23/02/2010 15:03



Mon BAF Montaigne, malheureusement ou heureusement, nous sommes de plus en plus nombreux dans votre cas.
Merci de ton soutien

Victor Hugo